27.4.11

Monochrome



Le sureau est en fleurs, et l'acacia aussi, le lundi de Pâques a été l'occasion de les cueillir et de faire les traditionnels beignets de fleurs d'acacia, (même si après les repas de fête, ce n'était pas le meilleur moment.. ) Le vert a envahi notre espace, même l'eau, et presque aussi l'air quand il est gris orageux comme ça.. 
Une petite nouvelle qui remplit de joie mon coeur de maman, depuis lundi, à l'improviste, la petite souris ne prend plus sa tétine. Ce n'était pas prévu, nous avons profité d'une coïncidence, elle s'est endormie sans, dans la voiture, en rentrant dimanche soir. Et comme elle a très bien dormi, on en a reparlé le lendemain, et elle était d'accord (mais ça, ce n'était pas la première fois..) pour le faire vraiment, le soir. Et je n'aurais jamais cru que ça se passerait aussi bien, pas de cris, pas de pleurs inconsolables, un peu d'agitation au moment du coucher, qu'elle essaie de faire durer, plus que d'habitude, mais une fois au lit, chez sa nounou comme chez nous, elle dort, sereine. Et c'est drôle, la voir dans son sommeil sans sa tétine, au lieu de me la faire voir plus grande me rappelle ses premiers mois, quand elle perdait sa tétine en dormant, sans pour autant que cela la réveille.. le même abandon, la même tranquillité. 
Elle grandit, j'ai aussi parfois l'impression d'apercevoir le visage qu'elle aura, grande fille..  

22.4.11

{this moment} - 42



{this moment} - 
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A moment I want to pause, savor and remember.


D'autres moments chez Soulemama

20.4.11

Reliquat n.1


Depuis le temps que mes Défi'13 sont inachevés le 13 du mois, je crois que je n'ai pas fait beaucoup de mises à jour de la fin des travaux.. Il est temps de remédier à cela, et de remonter jusqu'en, novembre au moins..
Novembre c'était le défi "couleurs fanées", et j'avais un joli mélange de fil sur mes aiguilles, mais malheureusement plus assez d'alpaga pour le finir. Le temps de recevoir d'abord la pelote de la part d'IgnorantBliss, généreuse tricoteuse finlandaise, mais qui ne fut pas suffisante, et puis le réassort de Kalidou, j'ai continué, puis laissé de côté le tricot, repris finalement en janvier, fini de tricoté, et les coutures et finitions terminées en février.. Laborieux tout ça. Mais le pire c'est que je remet ça, puisque ce petit tricot de layette est destiné à l'une de deux jumelles. Le deuxième, légèrement différent comme modèle, est commencé, mais toujours pas fini. Heureusement que j'ai pris un peu de marge sur la taille, que le point mousse est extensible, et que les petits bébés destinataires ne sont pas de gros gabarits.. (mais enfin, il va bien falloir mettre un point final à ce cadeau de naissance, avant qu'elles ne soient vraiment trop grandes!)
Bref, pour le modèle, je savais que je ne ferais pas le patron tel quel, avec les "pointes" prévues, même si ça paraît joli, j'avais envie que ça couvre bien le petit bidon des demoiselles, et je n'ai pas fait les manches toutes droites non plus, j'ai tricoté quelques augmentations en bas de manche (et diminutions pour la deuxième, puisqu'on  tricote du bord d'une manche vers l'autre) pour avoir un petit effet resserré au poignet. Et pour finir, les finitions, j'avais beaucoup réfléchi, et beaucoup hésité, mais finalement j'avais bien envie de suivre l'exemple de Nadia avec l'icord pour faire des liens qui ferment le kimono. Et j'ai fait mes premiers icord, (trop facile, finalement), et j'aime beaucoup le rendu! 




Ah oui, au fait, même si j'ai une petite forme aujourd'hui, à cause d'une gastro qui nous terrasse chacun notre tour dans la maison, je suis contente contente contente, d'avoir retrouvé mon bon vieux iMac, réparé, et intact dans son contenu.. Soulagement.. 

18.4.11

"La nature donne sans compter"









Une explosion de couleurs et de lumière ce dimanche, presque trop de soleil (mais je ne me plains pas, ceci-dit), je préfère les couleurs de mes fleurs sous une lumière moins franche et moins écrasante. Mais c'est la belle saison. Et c'est la beauté de la Nature. 
Grâce à Emilie, j'ai lu cet article de Hiromi Kawakami, qui m'a parlé.. Non, ce n'est pas qu'il  m'a parlé, c'est qu'elle écrit exactement, qu'elle décrit ce qu'elle a ressenti suite à la catastrophe de son pays, et que ce qu'elle décrit est le reflet exact, l'expression précise de ce que moi, je ressentais indistinctement, sans forcément trouver les mots pour le dire. Un très bel article que je relirais, à méditer.  Et puis du coup j'ai commandé un de ses livres, que je ne connais pas.. 

"Celui qui reçoit un bienfait de la nature doit immanquablement affronter sa cruauté. La nature donne sans compter, de la même façon, elle arrache sans hésitation. (...)
Tant que la vie est là, on peut connaître des instants lumineux sans nombre. La beauté du crépuscule. La magie des pétales des cerisiers que le vent emporte. La valeur inestimable des proches que l'on éprouve soudain, pour un rien."
H. Kawakami. 

Uno scoppiare di colori e di luce questa domenica, persino quasi troppo sole (ma non mi lamento pero'), preferisco i colori dei miei fiori sotto una luce meno abbaiante. Ma è la bella stagione. Ed è la bellezza della Natura.
Grazie ad Emilie ho letto questo articolo di Hiromi Kawakami, che mi parla. No, in realtà non è che mi parla, è che lei scrive esattamente, descrive quello che ha provato in seguito alla catastrofe del suo paese, e  cio' che descrive rispecchia con accuratezza quello che, io,  sentivo in modo confuso, senza forse trovare le parole per dirlo. Un testo molto bello, che rileggero', da meditare. E poi difatto ho ordinato un o dei suoi libri, che non conoscevo.  Non credo che sia stato tradotto in italiano questo suo articolo, mi sto impegnando a farlo, anche se mi dispiace, ma so' già che la qualità letteraria delle sue parole non sarà resa.. 


"Colui che riceve un benefatto della nature deve immancabilemente affrontare la sua crudeltà. La natura dà senza contare, allo stesso modo, lei strappa senza esitazione. (...)
Finchè c'è la vita, si possono conoscere innumerevoli istanti luminosi. La bellezza del tramonto. La magia dei petali di ciliegi che il vento porta via. Il valore inestimabile dei nostri intimi che si prova, tutto ad un tratto, senza motivo." H. Kawakami




Japon : les heures d'après, par Hiromi Kawakami




Voilà déjà plus de trente ans, loin de penser qu'écrire des romans deviendrait mon travail, je multipliais les expériences dans le laboratoire de l'université pour essayer de déterminer la masse des molécules qui règle le mouvement des flagelles des spermatozoïdes des oursins...


Si j'avais choisi de faire des études de biologie, c'était parce que je voulais savoir quelle était la place occupée par l'homme dans l'univers. Qu'est-ce que l'être humain ? Toutes sortes d'approches sont possibles : philosophique, sociologique, psychologique, économique, pathologique, sans oublier la littérature... Pour ma part, j'avais choisi d'étudier l'être humain à travers la biologie.

Je n'étais pas particulièrement studieuse, et il m'a été finalement impossible d'aller au bout de la déclaration qui commençait par : « Biologiquement parlant, l'être humain... » Une chose pourtant, une seule, que mes recherches universitaires m'ont apprise et dont je suis restée profondément imprégnée, c'est que l'homme n'est qu'une espèce parmi les autres. Il croit régner sur le monde et se comporte comme s'il était le maître de l'univers, mais sur une échelle de plusieurs millions d'années, son existence se réduit à une fraction de seconde, bientôt l'extrémité de la branche de l'évolution le rejettera dans le passé, il n'appartiendra même plus à la mémoire et disparaîtra dans une sphère où l'on ignore jusqu'à son existence. Oui, voilà ce que mes études universitaires m'ont appris.

Plus tard, même après que j'ai fini par devenir romancière, cette idée n'a jamais cessé de m'habiter avec force. Encore à présent, cela va sans dire. Pour commencer, la littérature japonaise a de tout temps pensé l'impermanence. Le Dit du Genji, le Manyôshû, les haïkus, les Notes de l'ermitage, Le Dit des Heike, Les Heures oisives. Ces textes de la littérature classique ont pour thème le changement de toute chose, le déclin de ce qui est venu au monde, l'impossibilité de demeurer, bref, le sentiment intense de l'impermanence est au coeur de toutes ces oeuvres.




Celui qui reçoit un bienfait de la nature
doit immanquablement affronter sa cruauté.
Le Japon est un pays doté de la beauté des saisons, que la nature lui fait en quelque sorte payer par certaines cruautés : typhons, sécheresse, séismes, raz de marée. Il n'est pas exagéré de dire qu'il ne doit se trouver personne au Japon qui n'ait été une fois dans sa vie confronté à la brutalité de la nature, car le pays n'a pas cessé d'être victime de catastrophes naturelles de toutes sortes.
Quand le tremblement de terre s'est produit, j'étais dans mon bureau, en train de rédiger le feuilleton que publie le journal Asahi. J'ai senti une secousse. Un tremblement de terre ! Je n'avais jamais fait l'expérience d'une oscillation si forte. Je me suis précipitée, et j'ai vu avec stupeur la maison voisine et les poteaux électriques qui se balançaient.
Qu'ai-je bien pu penser sur le moment ?
« Ça a fini par arriver ! »
Oui, c'était ma première réaction.
Plus tard, j'ai posé la question aux gens de ma famille, aux amis avec qui le contact avait pu être établi.
Curieusement, il ne s'est trouvé personne pour penser que l'impossible s'était produit. Tous m'ont répondu qu'ils avaient éprouvé une sensation de désespoir à l'idée que ça avait fini par arriver. A moins d'habiter dans ce pays, c'est sans doute une chose difficile à croire, mais les Japonais vivent dans la peur d'un violent séisme, qu'ils sont en même temps prêts à affronter.
Tout porte à croire que le sentiment de l'impermanence qui imprègne les Japonais a sa source précisément dans la grâce dont la nature a doté ce pays. Celui qui reçoit un bienfait de la nature doit immanquablement affronter sa cruauté. La nature donne sans compter, de la même façon, elle arrache sans hésitation. L'homme est impuissant à échapper à cette loi. Même les habitants des grandes villes ressentent la contradiction entre l'extraordinaire bonté de la nature et son inclémence.
Oui, chacun est seul quand il naît,
seul quand il meurt, c'est justement pour cela
qu'il faut s'entraider pour être sauvé.
Les habitants de la région du Tôhoku, ceux qui ont été directement victimes du désastre, assument la situation avec une grande force d'âme, sans colère, en silence. Je sais que cette attitude a forcé l'admiration du monde entier, à commencer par la France.
La douleur de ceux qui ont été directement touchés, la tristesse et la souffrance de ceux qui ont perdu leur famille, leur terre, leur maison... Il m'est impossible de me représenter leur situation, moi qui suis en vie, saine et sauve, à vivre au quotidien. Mais chacun sait ici que le même malheur peut s'abattre à tout moment sur n'importe lequel d'entre nous. J'ai eu la chance d'y échapper jusqu'ici, c'est tout. Mais un jour... Tout est possible.
La nature est impartiale. De façon terrible. Je crois que cette intime conviction peut expliquer le courage avec lequel ont réagi les habitants des régions sinistrées. Tous ceux qui offrent leur aide, qui envoient de l'argent, les nombreuses entreprises qui font don de leurs produits. Les soldats qui travaillent au mépris des émanations radioactives pour remettre en marche la centrale, les pompiers de Tokyo et d'Osaka, les ouvriers sur place. Une foule de gens se sont mis au travail sans un mot. Sans parler des victimes elles-mêmes qui soutiennent silencieusement ceux qui ont souffert plus cruellement qu'elles.
La vie est l'instabilité même. Cette philosophie de l'impermanence sous-tend le comportement de ceux qui s'entraident en silence. Oui, la vie est synonyme d'impermanence, oui, l'homme est éphémère, oui, chacun est seul quand il naît, seul quand il meurt, c'est justement pour cela qu'il faut s'entraider pour être sauvé.
Le sentiment de l'impermanence s'accompagne de renoncement. Les Français auront peut-être une impression négative, assimilant le renoncement à la passivité ou à une sorte d'abandon irresponsable. Je voudrais faire comprendre que cette impermanence liée à une forme de résignation, notion profondément ancrée dans la mentalité japonaise depuis les temps anciens, n'est pas nécessairement haïssable.
La vie est éphémère. Elle ne nous fait pas la grâce de demeurer. Est-ce à dire que moi qui écris ces mots, je ne suis que renoncement, à l'instar des Japonais ?
Absolument pas.
Le sens de l'impermanence ? Facile à dire !
J'avais plutôt envie de crier : rendez les morts,
rendez les terres englouties !
Je ne suis qu'une chose insignifiante. Triste constatation peut-être. Mais c'est justement ce qui rend ma vie précieuse. Minus habens, certes, mais un rassemblement de cent vingt millions de fétus forme le Japon. Jetés à terre par les typhons, écrasés par les séismes, voilà mille ans, deux mille ans que nous vivons. Tant que la vie est là, on peut connaître des instants lumineux sans nombre. La beauté du crépuscule. La magie des pétales des cerisiers que le vent emporte. La valeur inestimable des proches que l'on éprouve soudain, pour un rien. Le plaisir du soleil couchant en compagnie d'amis. L'évocation des plaisirs de la journée qui s'achève dans le moment qui précède le sommeil.
Dans ma petitesse, je sais bien que ces secondes ne connaîtront jamais l'éternité, et c'est précisément ce qui les fait briller à mes yeux d'un éclat toujours plus vif. Ce scintillement est précieux, sans équivalent. J'éprouve de l'amour pour cet éclat qui s'éteint à peine né. Il me donne de la joie. Il m'attriste aussi. Je crois pouvoir dire que c'est ce bref éclat que je tente d'appréhender et d'introduire dans mes romans.
Bien sûr, je suis consciente que ce que j'ai écrit jusqu'à présent est, d'une certaine manière, théorique. Après le tremblement de terre, à chaque fois que j'avais devant les yeux des images des régions les plus touchées, à la lecture attentive des quotidiens, je ne pouvais pas empêcher mes larmes de couler. Le sens de l'impermanence ? Facile à dire ! J'avais plutôt envie de crier : rendez les morts, rendez les terres englouties ! Cette impermanence que j'avais exprimée à ce jour dans mes romans me semblait soudain désagréablement fade.
Pourtant, tandis que la terre continuait à trembler avec des secousses plus ou moins fortes, à mesure que la terrible réalité se révélait de plus en plus nettement, il me fallait continuer à rédiger le feuilleton que je publie dans le journal Asahi. J'avoue franchement que j'étais incapable d'écrire, car l'histoire que je raconte se situe dans le quotidien. Au moment où ce quotidien volait en éclats, comment était-il possible de continuer à écrire dans l'impassibilité ?
C'est alors que j'ai reçu, six jours après le tremblement de terre, une carte postale de Natori, ville située dans le département de Miyagi. La télévision n'avait cessé de diffuser les images de ravages causés par le tsunami dans cette région particulièrement éprouvée. En voici le contenu : « Je suis sans nouvelles de mon père, qui a été emporté par le tsunami. La tristesse m'empêche de regarder la télévision ou les journaux. A l'heure qu'il est, je suis seulement capable de continuer à lire votre roman qui paraît en feuilleton dans le journal. Car je peux me dire que le quotidien existe toujours quelque part dans le monde. Merci. »
J'ai été parcourue d'une émotion ressemblant à de la ferveur. Ce qui avait secouru l'auteur de la carte, ce n'était sans doute pas la force qui émane de moi en tant qu'individu, non c'était le pouvoir des mots, le pouvoir du récit. Il m'a semblé qu'il m'était de nouveau permis d'écrire.
Mes romans vont-ils subir une transformation ? Oui, bien sûr. La catastrophe à laquelle je m'attendais plus ou moins a fini par arriver. Jusque-là, au renoncement qui était le mien se mêlait l'espoir fragile et complaisant que l'impermanence de la grande nature m'épargnerait peut-être, moi seule y échapperait. Mais décidément, je me trompais. Et c'est justement parce que nul ne peut dépasser l'impermanence que notre petite existence a du prix.
J'ai toujours cherché à écrire la valeur inestimable de la vie. Assurément, ce thème restera le même. Simplement, le dernier tremblement de terre a renforcé mon sentiment de l'impermanence, dont l'intensité a décuplé, centuplé, et mon travail en tant que romancière va en porter la marque ineffaçable.
Fukushima, c'est aussi le crime de nous tous
qui vivons dans les grandes villes sans nous soucier de rien.
S'agissant du séisme et du tsunami, je crois que les Japonais assumeront ce malheur avec résignation. Il n'en va pas de même pour ce qui est de l'accident de la centrale, toujours dans un état critique à l'heure où j'écris ces lignes, le 25 mars, et il est hors de question pour moi de me résigner à accepter la situation. C'est l'échec des hommes politiques qui n'ont pas fait preuve d'exigence lors de sa construction, c'est notre échec à nous tous qui les avons élus. C'est l'échec des constructeurs qui n'ont pas prêté l'oreille à ceux qui mettaient en doute sa sécurité, c'est aussi le crime de nous tous qui vivons dans les grandes villes sans nous soucier de rien, occupés seulement à l'essor de l'économie, demandant toujours plus à l'électronique, nous qui avons permis pour notre confort l'installation de la centrale de Fukushima loin de la capitale.
Nous qui avons la chance de posséder cette notion de l'impermanence, nous n'avons pas été capables de l'appliquer à nos centrales. Nous avons fermé les yeux, sans vouloir prendre conscience que l'énergie que fabrique l'homme, à qui il est impossible de se soustraire à l'impermanence, ne saurait être figée pour l'éternité.
L'énergie nucléaire, au même titre que la bombe atomique, est une puissance redoutable de contamination, que l'homme laissera sur la Terre après sa disparition, l'être humain dont le passage se réduit à une fraction de seconde. La demi-vie des substances radioactives qui émanent des appareils de la centrale est de huit jours pour l'iode 131, trente ans pour le césium 137, vingt-quatre mille années pour le plutonium 239, quant à l'uranium 235, elle s'élève à sept cents millions d'années. A l'heure qu'il est, je serre les dents en prenant conscience avec âpreté de la signification de ces chiffres. A n'en pas douter, cette amertume imprégnera mes romans à venir, qui connaîtront une transformation sans heurt.
Hiromi Kawakami le 25 mars 2011 (deux semaines après la catastrophe)
Traduction du japonais Elisabeth Suetsugu

Hiromi Kawakami

Télérama n° 3196

15.4.11

{this moment} - 41



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13.4.11

Défi'13 - as usual




Comme d'habitude, mon défi'13, n'est pas fini.. on dirait pourtant, non? C'est que je commence à maîtriser la manière de présenter la chose et faire "comme si", à force.. Mais je ne peux quand-même pas vous dire qu'elle est finie, parce qu'elle ne l'est pas. Je pourrais mettre en cause le délai de livraison de la laine Madelinetosh sock (couleur Scarlet), mais ce serait de la mauvaise foi, une fois la commande passée, elle a mis moins d'une semaine à arriver. Je peux par contre reconnaître que malgré la simplicité du motif de dentelle, j'ai mis pas mal de temps à me l'approprier, ce qui m'a beaucoup rallentie, ça c'est sûr.. et puis aussi, il m'a fallu ressortir mon plus petit jeu d'aiguilles que j'aie.. les 3mm, et ça, c'est pas beaucoup, surtout pour une écharpe qui devait mesurer environ 1m60! Enfin, bref, le modèle, la Villeray scarf, m'avait séduit, avant-même que son auteur l'ait publié (voir ici pour celles qui ne sont pas sur Ravelry), elle n'avait montré que ce motif de dentelle, avec un fil bleu gris argenté, on ne savait pas si c'était une écharpe, un châle, ou n'importe-quoi d'autre, mais je l'ai adoré immédiatement. Et puis quand le patron est sorti, je me suis dit chouette, mais j'attendais, je ne sais pas vraiment quoi.. Mais c'est quand j'ai vu qu'Azélie l'avait déjà fait, (plus rapide que son ombre) que je me suis dit, mais pourquoi attendre pour le faire alors qu'il te plaît autant? Il y a déjà beaucoup de modèles qui grossissent les rangs de mes favoris sur Ravlery, mais l'intérêt, quand-même, c'est d'arriver à tricoter ceux qui nous plaisent vraiment.. 
Enfin bref, toutes ces considérations mises à part, je suis très contente de la couleur, assez fidèle à celle du corail rouge de Trapani en Sicile, dont le corail est la spécialité, et d'où viennent les petites boucles d'oreille que je porte. Dans la légende, c'est le sang de la Gorgone, alors il ne pouvait pas être rose pâle ou couleur saumon, mais un vrai rouge, écarlate! Le fil est très beau, très sec mais aussi très mat : à choisir, j'aurais préféré qui soit un peu plus soyeux, comme la Malabrigo sock, et comme le fil du modèle initial qui lui contenait de la soie. Par ailleurs, il est un tout petit peu plus épais que le fil préconisé, et de fait, il sera sûrement un peu court pour mon écharpe.. Mais enfin, maintenant que je maîtrise bien le patron, je suis prête à tout détricoter pour la refaire avec un peu moins de largeur pour gagner en longueur s'il le faut, vraiment, tellement je l'aime ce patron..

11.4.11

Lundi fleuri







Faire le tour en image, le lundi, des photos et des moments du week-end devient une habitude, une bonne chose finalement, pour passer un peu plus en douceur sur le début de la semaine. Le tilleul a fini de mettre ses feuilles, on aperçoit même déjà les premiers boutons de fleurs, le lilas, le muguet, le grand rosier et le freesia nous ont fait la surprise d'être déjà fleuris, et parfument le jardin (et une petite branche de lilas, la maison..) et les iris continuent de fleurir, il y en a tellement, que je me suis fait le plaisir d'en couper aussi quelques tiges, là où personne ne les voit.
Mais pendant ce temps, au Japon, la terre tremble encore, la semaine dernière, et puis aujourd'hui aussi, un mois après le jour du 11 mars.
Il y a des dizaines, voire des centaines d'initiatives sur le net, pour les aider, je ne vais pas faire une liste que bien d'autres ont déjà faite, mais juste, ne les oublions pas. 
Et au cas où, il y a toujours la Croix-Rouge.

8.4.11

{this moment} - 40






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6.4.11

Instantanés gourmands





J'ai enfin cédé à l'appel du gâteau de Mars, (le dernier jour du mois, ça compte?), et il était tellement bon, que je n'ai pas eu le temps ni de faire une photo avant qu'ils ne soient entâmés, ni de faire le glaçage qui me plaisait tellement.. Mais on s'est quand-même tous régalé, le romarin n'était pas trop fort, et même s'il me manquait plus de la moitié de la quantité de miel demandée par la recette (je n'en avait que 80g..), ça n'a pas trop manqué, finalement.. Merci Agathe, pour ta recette! A refaire, l'année prochaine..
Un gâteau de mars pour saluer la fin du "mois des fous" (on dit ça chez vous aussi?), et pof le deuxième jour d'avril, que nous dit la météo? Non, elle ne nous dit pas "ne te découvres pas d'un fil", elle nous dit : "prend ta fille, une barquette de saucisses, rejoins ton mari, et  du grand soleil profite" (pour faire d'une pierre deux coups : le premier barbecue, et le premier pique-nique). Il faut toujours écouter la météo.
Trève de plaisanterie, je prends un grand plaisir, ou plutôt je tiens à nous créer de petits moments comme ceux-là, à l'improviste, où l'on profite d'être ensemble tous les trois, faire d'un samedi midi un jour spécial, un jour de fête. Manger des saucisses grillées au barbecue, un taboulé en barquette et les premières fraises peut vraiment être l'occasion d'une fête..

4.4.11

Le vert d'avril


Encore un billet monochrome aujourd'hui, (et encore un billet botanique, sans fil ni laine à l'horizon, j'espère que les tricoteuses ne m'en voudront pas) le vert du printemps qui explose au jardin, le tilleul qui a déjà sorti ses petites feuilles veloutées, les herbes folles encore toutes douces, qui envahissent tellement l'espace qu'en enlever quelques-une ne se remarque même pas, une forêt d'allium neapolitanum aux longues tiges graciles, la corbeille d'argent qui se dresse fièrement, du trèfle comme de la soie, et une rhubarbe inespérée, disparue à la fin de l'été dernier, et retrouvée il y a quelques jours au fond du jardin, avec déjà des tiges de 30cm de hauteur.. Le jardin nous gâte..
Et tant mieux, parce qu'il nous fait un peu oublier les petits soucis du quotidien, les problèmes du travail qui s'accumulent en ce moment, autant pour mon homme que pour moi, les problèmes et les devis ridiculement exorbitants reçus dernièrement pour certains travaux pour la maison, et pour couronner le tout, hier, mon fidèle iMac qui me lache.. lâchement. Il a déjà 5 ans de bons et loyaux services, mais quand-même.. j'espère pouvoir lui redonner vie (et surtout surtout récupérer mes données -mes patrons de tricots tous stockés sur le disque dur, mes emails avec vous, mes signets, de blogs et de e-shops....) , à première vue, il se peut que ce soit juste l'alimentation.. Mais pour le moment, je dois reprendre ce vieux PC et me rappeler de tous mes codes de connection par coeur.. Si donc je vous paraît singulièrement absente ces jours-ci, c'est qu'il y a une bonne raison, mon iMac, c'est un peu comme mon sac à main, sans lui, je suis un peu perdue..

1.4.11

{this moment} - 39




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